webleads-tracker

Le CNAPS est-il coupable ?

L’annonce officielle vient de frapper le n° 3 mondial de la Sécurité Privée, Prosegur, qui quitte de nouveau la France et cède l’ensemble de ses filiales présentes sur le territoire national, comme G4S, n°1, en son temps.
Ce n’est pas une bonne nouvelle de constater, une fois de plus, qu’un leader mondial de la Sécurité Privée n’arrive pas à gagner de l’argent et jette l’éponge.
Depuis 20 ans, la profession, mal jugée par le Ministère de l’Intérieur, fait tout son pos-sible pour faire évoluer le «gardiennage» vers une Sécurité Privée rigoureuse, reconnue et utile à notre société.
Certifications, garantie financière, formations, statut juridique d’agents, limitation de la sous-traitance sont proposés par la profession et quasi systématiquement refusés par tel ou tel service de l’Etat pour ne pas parler de la DLPAJ.
L’Etat, au travers de la commande publique (30%), se contente d’officines et de services au rabais et nourrit un système composé de milliers de PME de Sécurité Privée ne respectant rien et tirant les prix vers le bas donc les salaires au minimum.
J’ai parfois honte de cet Etat qui, sous couvert du dogme ne fait rien, ne veut pas évoluer comme la société, comme le monde. Car en plus, nous sommes une exception en Europe, voire dans le monde…
Pendant 20 années, le SNES a demandé un Conseil de l’Ordre, on l’a enfin eu en 2012, mais qu’a-t-il fait depuis ? Cherchez, mais vous ne trouverez pas !
Le CNAPS a peut-être un complexe de supériorité, ou des préfets, qui s’occupent par défaut de sécurité privée ? Ce secteur n’intéresse pas grand monde au quotidien, surtout quand on ne parle pas de lui dans l’actualité…

Tout est si bien fait par la police ou la gendarmerie, par la police municipale, que l’on peut se passer des services de la Sécurité privée ? Et l’on parle de continuum de sécurité en France, on a bien vu pendant la période de confinement à quel point il était au point mort.
Y aurait-il un Ministre de l’Intérieur, un député pour changer les choses sans l’avis des maçons, sans l’influence des réseaux ? Combien de temps cela fait-il que l’on nous parle du nouveau Livre Blanc ?
Malgré toutes les contraintes d’un métier règlementé comme celui de la Sécurité Privée, on constate qu’il n’y en n’a pas assez. Le Groupement des Entreprises de Sécurité Privée (le GES) dont je fais partie en tant qu’administrateur, a décidé de se prendre en main et de faire des réformes en profondeur tout seul, sans l’avis des instances publiques dans un premier temps. En tout cas, celles-ci, si elles viennent à aboutir, serviront le CNAPS dans son quotidien. Il faut juste que cela ne prenne pas vingt années de plus à se mettre en place …

Geoffroy Castelnau

 

Téléchargez la Lettre Bleue n°83 – automne 2020

Comments are closed.