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Entretien avec Éric Bréchemier, Responsable Sécurité France chez AFP

L’agence de presse mondiale AFP fournit une information rapide, précise, complète et vérifiée sur les événements qui font l’actualité nationale et internationale en vidéo, texte, photo, multimédia et infographie ; et en 6 langues.

Il s’agit d’un organisme indépendant régi par une loi et qui comprend une mission d’intérêt général. Placée au 3ème rang mondial, l’AFP occupe la première place dans le monde francophone bien entendu mais aussi dans le monde arabophone.

Elle a fêté ses 70 ans d’existence en 2015 mais la création, sous le nom d’Agence Havas, remonte à 1835. Charles-Louis HAVAS ciblait la sphère économique, ce qui explique sa situation géographique tout près de la Bourse depuis cette époque. Son CA atteint environ 300 millions d’€ pour 2500 collaborateurs dont 1500 journalistes, répartis dans 150 pays à travers 200 bureaux.

Quelle est votre fonction à l’Agence ?

Éric Bréchemier : J’assure les fonctions de Responsable Sécurité France depuis 2007. La sécurité sous tous ses aspects, dont le suivi du CHSCT, au sein du Département des Services Généraux.
Une opportunité m’a permis d’accéder à ce poste et de suivre une formation de lutte contre la malveillance au CNPP, puis d’obtenir un Diplôme Universitaire de Criminologie à Panthéon-Assas et de terminer par un module de SSIAP 1. Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours rêvé de travailler à l’AFP. Je pense détenir le record du nombre de métiers exercés à l’Agence ayant occupé 6 postes différents en 33 ans de présence ici.

Quel est le rôle d’un responsable Sécurité à l’AFP ?

Éric Bréchemier : Il est très varié et rassemble un certain nombre de sujets tels que l’analyse des risques, le suivi de la réglementation, la sensibilisation et la formation des personnels, la mise en place et l’évolution de la vidéosurveillance, les relations avec les partenaires sociaux, le suivi des travaux du CHSCT, les relations avec les différents services de l’état. C’est un travail de terrain, de renseignement, de formation et même de communication.

La sécurité est-elle dans la culture de l’AFP ?

Éric Bréchemier : La sécurité n’est pas vraiment dans la culture Maison des personnels, à l’exception d’une partie d’entre eux, les journalistes exposés dans les zones de guerre ou les régions sensibles ; ceux-ci ont vraiment conscience de l’intérêt de la contrainte sécuritaire.

Bénéficiez-vous de moyens suffisants pour exercer votre politique Sécurité ?

Éric Bréchemier : J’ai réellement tous les moyens à ma disposition pour exercer ma politique Sécurité et ceci est une chance. Le travail et la patience sont tout de même nécessaires pour obtenir les budgets désirés mais je parviens souvent à mes fins. Le dernier exemple en date est l’installation de la vidéosurveillance sur le site et la sanctuarisation d’espaces spécifiques.

Les derniers événements dramatiques ont-ils eu un impact sur l’Agence ?

Éric Bréchemier : Non, pas vraiment car l’organisation prenait déjà en compte cette menace et aucune mesure supplémentaire n’a été mise en place si ce n’est une vigilance plus soutenue. Le site étant classé Vigipirate, nous sommes épaulés par les forces de sécurité officielles. Mais ce contexte a renforcé le respect des consignes et nous constatons une plus grande sensibilité des personnels, désormais.

Quelle est votre vision de la surveillance humaine depuis 10 ans ?

Éric Bréchemier : L’Agence, site sensible, a accueilli la carte professionnelle comme une bonne évolution. Nous attachons une grande importance à la qualité des profils travaillant pour nous. Le personnel de l’Agence compte plus de 80 nationalités différentes et cette diversité m’oblige à multiplier les profils des agents. Votre métier progresse d’année en année et dernièrement un Ministre en visite à l’AFP a même félicité vos personnels pour leur professionnalisme…

Pour quelles raisons avez-vous sélectionné DPSA ?

Éric Bréchemier : DPSA avait été identifié dans le passé, suite aux Appels d’Offres de 2006, 2010 puis 2014. J’ai toujours milité pour le choix d’une PME suite aux nombreux soucis rencontrés avec les poids lourds du métier. Si nos marchés sont ouverts à tous, le résultat des consultations aboutit souvent au choix de PME qui correspondent mieux, en pratique, à nos besoins. Chez DPSA, nous avons un contact permanent avec le middle management, qui est reconnu par sa direction et qui a le pouvoir de décision. Cela fait la différence au quotidien et DPSA semble être le seul dans son domaine à mener cette politique.

Votre prestataire actuel semble-t-il être adapté à l’AFP ?

Éric Bréchemier : Nous sommes totalement satisfaits des objectifs, des moyens mais aussi convaincus par la pratique. J’ai besoin d’accorder ma confiance, bien au-delà des accords écrits. J’ajoute que votre Centre de Formation Point Bleu représente une véritable valeur ajoutée à nos yeux. Votre clientèle composée de sites prestigieux et sensibles ressemble parfaitement à l’AFP du point de vue des besoins exprimés.

DPSA pourrait-il apporter encore plus ?

Éric Bréchemier : Si cela était possible, vos agents pourraient tourner plus régulièrement sur d’autres sites pour élargir leur culture sécuritaire et briser l’inévitable routine. Ils reviendraient avec un regard différent, peut-être même avec quelques idées nouvelles. Si certains de vos clients partagent la même opinion, qu’ils n’hésitent pas à me contacter. Nous avons peu de turnover ici car les agents sont performants, reconnus et attachés à l’Agence. Et ceci ne se rencontre pas toujours dans votre profession.

Quel est votre sentiment sur la sécurité en général ?

Éric Bréchemier : J’ai un sentiment assez partagé : D’un côté le CNAPS et sa mise en place ont bénéficié à votre métier. De l’autre, je pense que les poids lourds de la profession ne réussissent pas à tirer le métier vers le haut et ne font pas toujours preuve de professionnalisme. Ils se contentent souvent de répondre à une demande qui est tendanciellement axée sur la baisse des coûts en vendant un service bas de gamme, que ce soit pour le profil de l’agent, pour la formation ou pour les salaires. Leur responsabilité dans la réponse aux demandes économiques du marché est forte. Car face à cela, nous constatons aujourd’hui que la menace est non seulement plus importante mais aussi polymorphe ; cette menace mobilise toujours plus la vigilance de nos services de sécurité internes et externes et exige des agents de sécurité formés, motivés, reconnus et sûrs de leur mission. Quant à moi, je vous rassure, j’ai une équipe de sécurité très professionnelle, composée d’agents aux cultures et aux expériences très diverses et à qui j’accorde ma confiance.

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